SEDRATA n'a rien à voir avec Sédrata, la glorieuse Isédraten, deuxième capitale des Rostomides. Il tire humblement et certainement son nom d'ESSEDRA, le Jujubier Sauvage (syziphus lotus) ou d'Ess'der (syziphus spins christi) et dont les épines ont servi à confectionner la couronne du Christ (d'où son nom). L'un et l'autre furent certainement fort abondants dans la région.
Sedrata connut au X° et XI° sicècles une grande prospérité. La date de sa fin est encore incertaine.Un ancien manuscrit donne l'année 1274 de notre ère comme celle de la destruction de la ville par un chef de troupes, un ancien caïd, El-Mançour-El-Machriq dont la nationalité est inconnue.
Une fois abandonnée par ces habitants, Sedrada fut rapidement reconquise par les sables.
Mais les Ibadhïtes dont la communauté est restée vivante, vénèrent aujourd'hui encore le souvenir de leur ancienne capitale. Chaque année , à la fin avril, ils viennent en pélèrinage.Ils vont s'agenouiller sur l'emplacement de leur mosquée primitive qu'ils ont marqué d'un tas de pierre. C'est ainsi que père en fils de siècle après siècle, le souvenir s'est conservé.
1515-1830
Sedrata n'est autre que la toponymie des environs où nomadisait la confédération des Herctas comme la famille Belouettar.
L'art berbère de Sédrata s'est ouvert à trois systèmes d'influences :
- Des survivances chrétiennes ou byzantines
- Des imitations coptes
- Des apports orientaux.
Parmi les ruines, en partie déblayées, signalons la partie supérieure d'une mosquée et des maisons d'une belle décoration.
La mosquée avait cinq nefs. L'un des palais ne comprenait pas moins de trente-quatre pièces.
Commune mixte créée en 1880 sur le canton d'Aïn Beïda. On y trouve des familles qui viennent d'autres villages créés dans des temps plus anciens..
Par exemple ils viennent de Guelaa-Bou-Sba fondé en 1855 près de Guelma.. Ils viennent de Mondovi et sa région, Barral ou encore de Randon etc..
Sur le guide Joanne, on relève : Sedrata :commune mixte 1893 : 112 français
Sedrata ou Aïn-Tagrout, ou Ouled-ali-bou-Nab: hameau - 3711 h avec Chouia, fraction de douar, commune.d'Aïn Tagrout.
Ma ville n'a donc rien d'une capitale, même pas régionale ! Et cela, même dans les années 40, où bon nombre de ses enfants se plaisaient à l'appeler : "capitale des capitales" (Assimatou El Aouassem) pour la situer à leurs concitoyens exilés volontaires à la Zitouna et dont les origines étaient, sur une carte du pays, une gare ou un point sur un axe routier de quelque importance.
TLILI AMAR Juin 1994 Envoyé par un jeune cadre algérien de Sedrata
La deuxieme guerre mondiale a fini par arracher ce petit village de 7000 ha de son eternel anonymat.Il a eu , ainsi, le grand privilège de recevoir un sous-commandement des forces de l'air americaines dans le cadre du grand deploiement allié en Afrique du Nord.
En 1942 , les éleves de l'actuel CEG de Sedrata furent invités à liberer les lieux pour qu'un bataillon US le reconvertisse en centre de campement. Un aérport militaire fut construit a 10km au Sud de la ville rattaché par une route que les habitants la designent aujourd'hui de TRIGUE ELMARICANE.